Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

« A toi, Lauric, que j’ai eu la joie de connaître en t’ouvrant les portes de l’Aérium d’Arès » François du Plessis, Paris le 17 août 2012.

Dédicace du Père François du Plessis, à partir de son livre entretien, avec Jean-Robert Quéro, « J’ai toujours voulu répondre aux appels ».

AERIUM d'Arès du Bassin d'Arcachon (Gironde) Echanges LD - AD

HISTORIQUE DU DOMAINE :

Pour rappel, les aériums sont des établissements de repos au grand air (du latin : aerius) et se destinent à l'origine à l'accueil des enfants ou des adolescents souffrant d'affections dites tuberculiniques, ou encore à des séjours de convalescence.

C'est dans ce cadre que le déjà célèbre Léopold Javal, banquier parisien habité par des préoccupations sociales, achète en 1848 le Domaine d'Arès et Andernos (710ha). Après la mort de Léopold, sa femme poursuit ses grands travaux et le domaine, à la mort de celle-ci en 1893, finira par s'étendre sur 2.845 ha.

En 1895, y sont créés une Maison de Santé, agrandie en 1901, la Fondation Wallerstein (reconnue d'utilité publique en 1904), du nom de Sophie Wallerstein, illustre personnage local, ainsi que l’Aérium, ce lieu de reconstruction et de vie dans une nation alors déchirée par la guerre. Hasard du lieu, mais il faut se souvenir qu'Arès(1), dans la mythologie grecque, est lié à la destruction et la guerre.

L’Aérium a fonctionné en tant que tel jusqu’en 1971.

Depuis 40 ans, l’Aérium est à l’abandon, hormis la période comprise entre 1986 et 1991, pendant laquelle le Père François du Plessis fut appelé pour réhabiliter l’Aérium dans le cadre de travaux de première urgence, mais aussi y accueillir des enfants défavorisés.

En 2.000, l’Association des Amis de l’Aérium d’Arès (4A), avec l’aide de l'arrière-petite-nièce de Sophie Wallerstein, Françoise Choay, obtient l’inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH) de la totalité des bâtiments, y compris la parcelle cadastrale AX 52 sur laquelle ils sont implantés, sur la proposition unanime de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites (CRPS).

Référence (1), voir commentaires à la fin de l’entretien

AERIUM d'Arès du Bassin d'Arcachon (Gironde) Echanges LD - AD

Lauric Duvigneau est né le 1er octobre 1971 à Bordeaux,

Cadre à la Poste, il est engagé depuis l’âge de 17 ans dans le champ associatif et le bénévolat. Il a notamment été Président de la Jeune Chambre Economique(2) des Hauts-de-Seine en 2008 à Neuilly-sur-Seine et à ce titre a reçu le prix du Club de l’Excellence au niveau national pour l’activité de son organisation locale. Le 14 juillet 2012 lui sont décernées « Les Palmes du Bénévolat », «échelon d’ARGENT», placées sous le haut patronage du Défenseur des Droits, Dominique Baudis, en reconnaissance de ses mérites acquis dans des activités généreuses et désintéressées.

Le mercredi 13 janvier 2016 dans les salons de l’hôtel de Ville de Clichy-La-Garenne (92110 - Hauts-de-Seine), lui a été remis : « Le Mérite Bénévole, échelon Or, Promotion 2015 - Aquitaine », décernée à l’occasion de la Journée Mondiale du Bénévolat du 5 décembre 2015, en reconnaissance de son engagement actif au service du Bénévolat durant 27 ans, par Rémi Muzeau, Maire de Clichy-La-Garenne et Conseiller départemental des Hauts-de-Seine, dans le cadre des vœux 2016 aux acteurs du monde associatif.

Bernard à l’âge de 18 ans : à gauche, au 1er plan de la photo « pour la  Conscription »  à Lège le 13 avril 1965
Bernard à l’âge de 18 ans : à gauche, au 1er plan de la photo « pour la Conscription » à Lège le 13 avril 1965

Son père est Jean-Louis dit « Bernard » Duvigneau † né à Arès le 18 février 1947 et décédé le 25 janvier 2009.

Marcel devant la maison familiale à Lège en septembre 1974…
Marcel devant la maison familiale à Lège en septembre 1974…

Son grand-père est Pierre dit « Marcel » Duvigneau † né à Lanton (canton d’Audenge) le 14 janvier 1914 et décédé le 13 novembre 1975.

Sa grand-mère est Marie, Antoinette Duvigneau, née Larrieu † domiciliée à Lège-Cap-Ferret sur une partie de terrain acheté par l'arrière grand-père de Lauric, Pierre dit "Émilien" ou "René" Duvigneau à son employeur, la Société d'Exploitation Forestière et d'Exportation du Bassin d'Arcachon dite "SANEXFOR" dont le siège était à Bordeaux cours d'Alsace-et-Lorraine au N°118, le 16 février 1935.

Référence (2), voir commentaires à la fin de l’entretien

AERIUM d'Arès du Bassin d'Arcachon (Gironde) Echanges LD - AD

Discussion entre Lauric Duvigneau et un ami, Anthony Dagois ; avec et pour l’Amour du Bassin, et de tous ceux qui l’ont porté par ses belles œuvres, avec Sagesse, Force et Beauté…

1 - Pourquoi vouloir écrire cette histoire ?

Le Père François du Plessis de Grenédan(3) m’a demandé de livrer un témoignage sur l’Aérium d’Arès. Mon père et ma grand-mère ont soutenu le Père du Plessis dans ses projets et le désir de mon père était de me faire participer à cette action, ce qui m’a permis cette superbe rencontre avec l’Aérium.

Référence (3), voir commentaires à la fin de l’entretien

2 - Quel lien vous unit ? Et qui est le Père du Plessis ?

Quand j’étais enfant, mon père et ma grand-mère m’ont permis de rencontrer cette personnalité atypique, haute en couleur et complètement dévouée aux autres(3).

3- C’est formidable, vous êtes restés en contact après toutes ces années ?!

Hé bien oui ! J'ai toujours correspondu avec le Père du Plessis suite à notre première rencontre à l’Aérium d’Arès, j'avais alors 17 ans ou 18 ans je ne me souviens plus très bien... Je me suis tout de suite retrouvé dans ses engagements, sa personnalité iconoclaste, qui s’affranchissait des codes et statuts sociaux pour consacrer sa vie aux autres (comme St Vincent de Paul)

4 - Pourquoi a-t-il besoin de ce texte ?

En fait, je ne sais pas précisément… J’ignore réellement pourquoi il a formulé cette demande. Je suppose qu’il pense que je suis capable d’exprimer des choses sur l’Aérium que d'autres n'ont pas pu ou su exprimer à ce jour.

Peut être aussi, pour me permettre de toucher de manière plus personnelle mon histoire. Connaissant mon histoire de famille, il est tout à fait possible qu’il veuille me demander, via ce témoignage, de me réapproprier mon histoire familiale

5 -Est-ce qu’il a déjà écrit un historique de l'Aérium ?

Pour que tu comprennes bien, lors de notre rencontre ce vendredi 17 août 2012, nous ne nous étions jamais revus « physiquement » depuis L’Aérium… Il m'a paru ému et m’a remis un livre sur lui : "j'ai toujours voulu répondre aux appels". Lui-même m’avoua n'avoir jamais voulu écrire un texte sur son histoire pourtant riche et engagée... Il fut notamment le plus jeune prêtre de France en 1943... Puis, il est devenu, à sa grande surprise, aumônier des maquisards FTP et FFI de la Poche-sud, puis nord de Saint-Nazaire.

Le livre est né d’un désir récurrent d’Anciens qui insistaient pour que François du Plessis raconte ses souvenirs. Un ami, Jean-Robert Quéro, fraîchement à la retraite, s’est proposé pour des entretiens. Et c’est avec une grande bienveillance et surtout beaucoup d’admiration qu’il a décrit ce parcours extraordinaire.

Et, effectivement dans son livre, l’épisode de l’Aérium y figure bien !

C’est amusant puisque la démarche de l’entretien que tu m’as proposé pour écrire ce texte est la même que celle qu’ont choisie ses amis pour faire naître son livre !

Autrement, je pense qu’il a à cœur de faire partager ce texte au plus grand nombre…

Pourquoi moi ? Un texte provenant d'un ancien p'tit garçon d'une famille issue du Nord-Bassin qui a connu l’Aérium et partagé ses combats.

6 - Quatre mots qui te viennent à l'esprit quand j'évoque l'Aérium...

Enfance défavorisée, Espace naturel, Esprit d'entreprendre et Histoire du Bassin

7- La première fois que tu as découvert l'Aérium... Tu t'en souviens ?

1987 ? Je crois... Au départ, je pensais ne pas connaître ce lieu… Mon père et ma grand-mère en parlaient régulièrement au téléphone... Adolescent, j’écoutais leurs conversations que je trouvais assez surprenantes… comme s’ils parlaient de l’histoire d’un aventurier, cela a donc piqué ma curiosité. C’est comme cela que j'en ai entendu parler pour la première fois, mais je ne savais pas ce qu’était réellement ce lieu… ou du moins, je ne m’en souvenais plus.

Cependant, enfant et pendant les grandes vacances scolaires, je me souviens être passé régulièrement avec mon père et il commentait alors, que c’était « l’entrée de l’Aérium » alors fermé au public. Lors de ma première visite, je ne pus cependant qu’être subjugué par son lieu et son histoire… Je constatais que je connaissais ce lieu, sans véritablement le connaître...

Et puis il y a 15 jours, en travaillant ce texte avec toi à partir de mes souvenirs et de mes nombreuses recherches sur l’Aérium, je suis tombé sur d’anciennes photos de mon père, alors enfant… Et, j’ai eu l’émouvante stupéfaction de reconnaître mon père aux alentours de 11 ans, en tablier et avec un chapeau particulier pour se protéger du soleil, entouré alors d’autres enfants accoutrés eux-mêmes de la même tenue, devant la descente de la plage de l’Aérium d’Arès. Ils étaient en train de jouer sur le sable, tu penses, quelle surprise pour moi !

AERIUM d'Arès du Bassin d'Arcachon (Gironde) Echanges LD - AD
Enfant,  Jean-Louis  dit « Bernard » Duvigneau en tenue à l’Aérium

Enfant, Jean-Louis dit « Bernard » Duvigneau en tenue à l’Aérium

D’ailleurs, ce chapeau spécifique qu’ils portent sur ces photos est le même type de chapeau que l’on retrouve sur une des peintures du Deuxième panneau – détail qui égaye les murs intérieurs de l’Aérium dans la salle des fresques. Il s’agit en fait d’une vue extérieure, du peintre d’Henri Marret représentant les scènes de la vie sereine et en plein air des enfants modestes de l’Aérium d'Arès dans le cadre des bords du bassin d’Arcachon : les jeux sur le sable, la pêche aux crabes, le bain des enfants, les pinasses.

AERIUM d'Arès du Bassin d'Arcachon (Gironde) Echanges LD - AD
Fresque à l’intérieur de l’Aérium avec scène d’enfants et le chapeau typique,  Puis le berger au béret…

Fresque à l’intérieur de l’Aérium avec scène d’enfants et le chapeau typique, Puis le berger au béret…

8 - C’est ton père qui t’a incité à y aller ?

Oui, parce qu’il aimait ce lieu de son enfance et aussi pour faire plaisir à sa mère.

9 - Quelle a été ton impression en entrant pour la première fois à l’Aérium ?

Je te répondrai par une description tirée du livre du Père du Plessis (3) :

« Sous la pinède, au bord de l’eau, l’aérium, tout de plain pied, occupe une surface immense. Des galeries avec de grandes fenêtres de part et d’autre, relient les différentes ailes où se trouvent les dortoirs. Au centre, une très grande salle, avec une belle terrasse couverte en rotonde, donne sur le Bassin. D’autres salles lambrissées et une superbe chapelle ont belle allure avec des fresques remarquables du peintre Marret de l’école de Puvis de Chavannes et de Maurice Denis… ».

Comment ne pas être subjugué par l’immensité d’un tel lieu, chargé d’histoire ?

11- Son histoire ?

Histoire d'une Fondation (la plus ancienne de Gironde), provenant d'une riche héritière Sophie Javal Wallerstein (3bis) qui voulait faire le bien autour d'elle en finançant la construction d’un aérium pour de jeunes enfants de condition modeste de la région bordelaise. La tuberculose faisait rage à cette époque, particulièrement dans les familles pauvres.

Ses actions philanthropiques lui vaudront dans le pays le surnom de « Tante Sophie ».

Les enfants devant l’Aérium

Les enfants devant l’Aérium

En 1942, se sentant menacée en tant que juive, elle confie tous ses biens, notamment l’Aérium de la Fondation Wallerstein, à la Croix Rouge Française et sous certaines conditions testamentaires (Don qu'elle confirmera par testament après la Libération le 11-11-1945) : obligation de conserver la dénomination « Fondation WALLERSTEIN », entretien des bâtiments, utilisation de l'Aérium à des fins sociales pour l'enfance.

Durant ces temps troubles, Sophie Javal Wallerstein s’installe alors modestement dans une cabane du port d’Arès, protégée et aidée par la population locale. Elle a 89 ans !

Elle peut enfin en sortir fin août 1944. A l’âge de 94 ans, après une longue vie consacrée au service des autres, digne héritière de son père Léopold JAVAL(4) d’inspiration Saint-Simonienne, elle décède le 31 décembre 1947, l’année de naissance de mon père !

Une belle œuvre de bienfaisance en somme.

La Croix Rouge confiera la gestion de l’Aérium en 1947 à Paul-Louis Weiller(5), petit-neveu de la fondatrice, et à l’Association des Amis de l'Œuvre de la Fondation Wallerstein(6).

L’Aérium a fonctionné comme l’avait spécifié sa fondatrice jusqu’au début de 1971. Il a été inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH), le 4 mai 2000(7), (8).

Références (4), (5), (6), (7) et (8) voir commentaires à la fin de l’entretien

12- Si jeune, tu y as été sensible ?

Oui, j’ai toujours aimé les contes de fées où -face à l’adversité- au final, l’histoire se finit bien, car la bonne personne « récolte toujours ce qu’elle a semé ». Sophie Javal Wallerstein a semé une belle graine… L’Aérium… La récolte ne pouvait et ne peut qu’être juste, bonne et belle !

Sophie Javal Wallerstein à Arès avec ses bienheureux  Création aussi le 21 novembre 1894 à Arès d’une maison de santé pour soigner les déshérités. Il devient l’Hôpital (militaire) Auxiliaire N° 205 de la 18ème Région Militaire géré par la Croix Rouge, jusqu’en 1919.

Sophie Javal Wallerstein à Arès avec ses bienheureux Création aussi le 21 novembre 1894 à Arès d’une maison de santé pour soigner les déshérités. Il devient l’Hôpital (militaire) Auxiliaire N° 205 de la 18ème Région Militaire géré par la Croix Rouge, jusqu’en 1919.

13- A l’évocation de l’Aérium, il te vient à l’esprit « Jeunes Défavorisés », qu’est ce que tu as appris de ces jeunes ?

Ma participation a commencé en fait, par un chantier de rénovation entrepris par le Père du Plessis pour permettre de pouvoir les accueillir.

L’accueil a été chaleureux presque familial. Nous avions de nombreux moments de partage. Je me souviens notamment des fameux petits déjeuners si agréables pris ensemble dans le réfectoire chaque matin… face au Bassin et au réveil de l’immensité de sa Beauté… Ou encore d’une journée passée au bord de l’Océan qui s’est achevée par un magnifique coucher de soleil. Il y avait sûrement de jeunes défavorisés ou issus des familles aidées par le Père du Plessis et aussi des enfants des anciens pensionnaires de l’Aérium ; au final une histoire transgénérationnelle. Ainsi, rien ne me permettait de les différencier. Ce que je garde en mémoire c’est l’enthousiasme exceptionnel de tous ces enfants !

Le « p’tit déjeuner » des bénévoles à l’Aérium…

Le « p’tit déjeuner » des bénévoles à l’Aérium…

Une journée à la plage, au centre de la Photo, Lauric et à sa droite le Père du Plessis

Une journée à la plage, au centre de la Photo, Lauric et à sa droite le Père du Plessis

Le coucher de soleil, avec au premier plan à droite un enfant !

Le coucher de soleil, avec au premier plan à droite un enfant !

14 - Qu’était devenu l’Aérium avant que le Père du Plessis ne le ré-ouvre ?

Depuis son inauguration le 15 mars 1913 par sa bienfaitrice, Sophie Javal Wallerstein, et en présence de personnalités locales, l’Aérium verra passer dans ses murs de nombreux enfants modestes bénéficiant de la douceur et des bienfaits du climat du bassin d’Arcachon ainsi que d’une alimentation améliorée, seuls soins connus pour lutter contre la maladie avant l’invention des antibiotiques.

La Croix Rouge avait laissé le lieu en déshérence.

Les héritiers cherchaient un projet pour redonner vie à la demande testamentaire… Car à l’exception de quelques colonies de vacances hébergées jusqu’en 1981, l’Aérium abandonna la mission sanitaire et sociale de cet établissement à partir de 1971, l’année de ma naissance !

L’Aérium, propriété de la Croix Rouge, resta donc inoccupé depuis.

Le Père du Plessis ayant répondu à l’appel du gestionnaire de l’Aérium d’Arès(9), l’a fait renaître.

Les portes de l’Aérium…

Les portes de l’Aérium…

Action de soutien au combat du Père du Plessis

Action de soutien au combat du Père du Plessis

Le Père devant l’Aérium ouvert, son combat et la jeep pour l’eau

Le Père devant l’Aérium ouvert, son combat et la jeep pour l’eau

Références(9) voir commentaires à la fin de l’entretien

16- Et toi, qu'est-ce que tu as fait dans ce projet ?

J’ai donc participé aux chantiers bénévoles mis en place par le Père du Plessis pour des travaux de rénovation organisés et étalés sur plusieurs années dont 1988, 1989 et 1990 .

17- Il y avait une forte mobilisation ?

D'autres jeunes ? Comme toi ?

Oui… aussi certainement des enfants et des parents ayant été accueillis par le Père dans le cadre des camps de « l’Arbousier » à Lège sans discontinuer de 1956 à 1974 par exemple.

Mais aussi des personnes du Bassin ou de la région ou d’ailleurs et qui avaient partagé à un moment ou un autre les nombreux combats du Père du Plessis, je pense notamment aux membres de son ancienne paroisse de Notre-Dame-des-Pauvres à Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine.

18 - Parle-moi de ces gens ? Certains t'ont marqué ?

Ce qui m’a marqué c’est ce sentiment partagé que nous avions tous en commun, de cette volonté que d'autres jeunes puissent à leur tour, avoir la chance de connaître un tel lieu d’accueil chaleureux de repos afin de bénéficier des nombreux bienfaits du climat, d’un cadre naturel et apaisant du bassin d’Arcachon, à une période éprouvante de leurs parcours de vie.

Nous étions donc déterminés.

Ce fut le cas de Jean-Luc Lahaye, ancien pensionnaire de « l’Arboursier » qui aidera le Père dans le cadre d'une émission qu'il animait alors en « prime time » sur TF1. A l’issue de l’émission, une entreprise locale lui offrit en 1986 la toiture à neuf de l'Aérium afin de mettre hors d’eau le corps du bâtiment.

Malheureusement, la toiture qui avait été refaite subira de gros dégâts lors de la tempête « Klaus » du 24 janvier 2009 qui a lourdement affecté toute la région bordelaise. Toute ma vie, je me souviendrai de cette période, puisque mon père mourut le lendemain de cette fameuse tempête, soit le 25 janvier 2009.

Et, moi-même, je me retrouvais le lendemain de son décès dans le bloc opératoire à l’hôpital pour une opération urgente suite à une fracture accidentelle de la malléole. J’ai alors été immobilisé pendant plus de trois mois à Bordeaux ; je ne peux donc que me souvenir, à plus d’un titre, de cette triste et douloureuse période…

19 - Comment s'organisait le travail de rénovation ?

La veille au soir, un tableau, avec la description des différents chantiers ouverts, était affiché dans la salle du grand réfectoire de l'Aérium. A titre d’exemple : tirage des câbles électriques, peintures, décapage des volets… mais aussi réalisation de la cuisine destinée pour le groupe des bénévoles.

Nous dormions tous sur place. Il y avait donc une véritable vie communautaire.

Des gens arrivant de partout… des quatre coins de France… arrivant soit pour trois, huit ou quinze jours. Chacun apportait sa pierre selon ses disponibilités, ses capacités ou compétences.

Et le groupe s’organisait autour de la découverte et la participation active en faveur de ce beau projet. Le groupe s'autogérait donc… Le Père étant le maître d’œuvre.

Une belle expérience humaine...

Les gens pouvaient partir au bout d'un certain temps, librement… mais d'autres arrivaient en remplacement…

Inhabituelle comme expérience, comme une fourmilière en pleine action et bien vivante….

20 - Pourquoi inhabituelle ?

Inhabituelle, car chacun gommait ses différences, son statut ou ses croyances, en se mettant en situation d’apprentissage, puis de transmission au service de l’Autre tout naturellement.

21- Tu t'y es fait des amis ?

Oui inévitablement, il y a avait notamment deux charmantes italiennes de mon âge qui étaient arrivées pour 15 jours : Serena et Elena. J’ai appris durant leur séjour que je ressemblais au « p’tit ami » italien de l’une. Elles en étaient visiblement très troublées.

L'Aérium créait des liens... Au-delà de nos propres frontières…

Le projet était créateur de lien social et humain.

22 - Tu y as passé combien de temps ?

Un mois chaque année sur deux ans durant la période d’Eté. Aussi, j’ai pu voir le mouvement permanent des arrivées et des départs…

C'était une expérience émouvante.

Et pleine de sens… pour moi…

D’ailleurs un soir, fort tard, dans la nuit aux alentours de minuit, débarqua de manière inattendue un groupe de personnes, des familles qui venaient se réfugier pour la nuit, suite à un incendie qui terrassait la pinède et ravageait la région. Nous les accueillîmes naturellement, les « mains grandes ouvertes et le cœur tout brûlant » comme s’ils étaient chez eux…

Je ne sais pas pourquoi, cette expérience humaine m'a tant marqué.

Ce qui m'a surpris c'est que le Père proposait le soir des veillées, et avant la veillée pour ceux qui le souhaitaient un temps de prière quotidien dans la chapelle de l’Aérium.

AERIUM d'Arès du Bassin d'Arcachon (Gironde) Echanges LD - AD

J’aimais ces temps-là, chacun pouvait choisir d'y participer ou pas, en fonction de son souhait / besoin / sans aucune obligation.

La liberté était le libre mot…

23 - Pourquoi surpris ?

Je ne sais pas... c'est mon ressenti.

Nous étions sur la même longueur d'ondes, et ces temps de prière produisaient un égrégore extraordinaire pour moi. A l’époque, j’étais alors animateur et producteur bénévole pour une radio chrétienne au Bouscat près de Bordeaux, Radio Harmonie du réseau RCF.

Il y a avait des croyants, des athées, des agnostiques, mais ils venaient tous pour le projet et le sens du projet en sachant que le Père le portait un peu comme l'abbé Pierre ou St Vincent de Paul, ancien curé de Clichy-La-Garenne dans les Hauts-de-Seine, ville où je demeure actuellement. D'ailleurs coïncidence, l'église d'Arès d'appelle Saint-Vincent-de-Paul, et elle se situe sur la place « aux cinq branches ».

C'est la même force, la même puissance d’AMOUR.

24 – De Lauric à Anthony : Et alors, toi, tu comprends pourquoi cela a compté autant pour moi ?

Oui, je comprends. L'Aérium c'est un endroit rare qui renvoie à l’histoire de ta famille, au souvenir de ton père. C’est un projet porté par des personnalités généreuses. Il y a ce que tu décris, mais il y aussi tout ce que tu tais, ce que tu n’as pas perçu lorsque tu étais enfant, et que tu perçois aujourd’hui. Les combats à mener, la force de l’engagement, le courage et le dévouement. Il y a des morceaux de vie qui ont une valeur particulière, celui de l’Aérium en a une dans ta vie. Le Père du Plessis en a une dans ta vie.

Entre Clichy-La-Garenne… et Bordeaux.

Le 24 décembre 2012.

ANNEXE des commentaires

Bassin d’Arcachon…

Bassin d’Arcachon…

(1) Arès est une commune française, située dans le département de la Gironde et la région Aquitaine. Arès se situe au nord du pays de Buch, en bordure du bassin d’Arcachon à 47 km à l'ouest de Bordeaux, chef-lieu du département, à 38 km au nord d'Arcachon, chef-lieu d'arrondissement et à 15 km au nord-ouest d'Audenge, chef-lieu de canton.

Les communes limitrophes en sont Lège-Cap-Ferret, à l'ouest et nord-ouest, Le Porge au nord-nord-ouest, Le Temple au nord, Lanton au nord-est et Andernos-les-Bains au sud-est.

Arès (en grec ancien ὁ Ἄρης, τοῦ Ἄρεως (au génitif) /Árês, Áreôs) est aussi le dieu de la Guerre et de la Destruction dans la mythologie grecque. Il est l'un des trois (ou quatre, suivant la version) fils de Zeus et de Héra, il est assimilé à Mars chez les Romains.

(2) Jeune Chambre Economique des Hauts-de-Seine (JCE 92) fait partie de la Jeune Chambre Economique Française (JCEF) fondée à Paris en 1952 par Yvon Chotard. La JCEF affiliée à Junior Chamber International (JCI) est devenue association reconnue d’utilité publique en 1976 soit un réseau de 166 Jeunes Chambres Economiques locales et 23 fédérations régionales. C’est un mouvement international (JCI) de jeunes citoyens entreprenants bénévoles.

La vocation de la Jeune Chambre Economique Française est de contribuer au progrès de la communauté mondiale en donnant aux jeunes l'opportunité de développer leurs talents de leaders, la prise de responsabilité sociale, l'esprit d'entreprise et la solidarité nécessaires pour créer des changements positifs. Les membres Jeune Chambre âgés de 18 à 40 ans imaginent et réalisent des projets au service de leurs cités, dans tous les domaines : social, économique, culturel, communautaire. Citoyens responsables, ils sont conscients de la difficulté de vivre en paix et en justice. Ils se forment à la prise de responsabilité Ainsi, ils progressent sur le plan personnel et font progresser ceux qui les entourent.

Plus d'infos sur :

http://www.jce92.org ou http://www.jcef.asso.fr ou www.jci.cc/

(3) François du Plessis de Grenédan : Il rentre au séminaire de Paris en 1938. Il est en mars 1943 le plus jeune prêtre de France. Sa hiérarchie l’envoie en juillet 1943 comme aumônier d’un CJF (Chantier de la Jeunesse Française) en Auvergne puis dans les Landes de Gascogne, il croise et rencontre notamment le mouvement de la JOC, puis devient aumônier des maquisards FTP et FFI de la poche Sud, puis Nord de St Nazaire. Après la guerre, il deviendra responsable de la Paroisse de Notre-Dame-des-Pauvres à Issy-les-Moulineaux, et il sera de tous les combats dont prêtre et ouvrier à la fois. Comme le décrit Pierre Delons dans la préface de son livre « J’ai toujours voulu répondre aux appels » : « Sa vie n’est pas moins un roman de cape et d’épée. Disponible pour chaque appel, il se montre étonnamment capable d’y répondre, ignorant langue de bois et tout conformisme lorsqu’il s’agit de plonger dans une action concrète ; sa prestance évoque un prélat du XVIIIe siècle… ».

J.-R Quéro écrit aussi dans son l’avant propos de son livre : « il est aux yeux de beaucoup un rebelle qui n’a jamais renoncé à se heurter à l’ordre établi pour rester en accord avec les exigences de sa conscience ».

Son Père, Jean du Plessis de Grenédan est Le chantre du ballon dirigeable rigide. Pilote de ballon dirigeable breveté en 1917, il s'est rendu célèbre en commandant le Dixmude, l'un des deux Zeppelin français et surtout en établissant des records mondiaux à son bord. Sa disparition en mer le 21 ou 22 décembre 1923 (la date exacte reste incertaine) a donné lieu à une formidable polémique. Revenant de Tunisie, le dirigeable LZ-114, ancien L-72, obtenu de l’Allemagne au titre des dommages de guerre disparaît dans un orage avec 50 hommes à bord (équipage : 43, passagers : 7). Le 26 décembre, des pêcheurs de Sciacca (Sicile) remontent dans leur filet le corps de Jean du Plessis de Grenédan.

Ce drame marqua la fin de l'usage à titre militaire de dirigeables.

Jean du Plessis eut droit à des obsèques nationales célébrées à Toulon le 5 janvier 1924. Décoré de l'Ordre national de la Légion d'Honneur, avec citation à l'Ordre du jour de l'Armée de mer : "Officier d'élite, technicien consommé, communiquant à tous son esprit de devoir, ses qualités d'audace réfléchie, son ardeur courageuse et son mépris du danger ».

(3bis) Sophie Javal (1853-1947) Fille cadette de Léopold Javal née en 1853, elle était atteint d'un fort strabisme convergent, que son frère aîné Emile Javal, devenu ophtalmologiste parvint à guérir. En 1878, elle épouse Paul Wallerstein (1846-1903), ingénieur et administrateur de la Société industrielle des téléphones qui héritera des Terres d’Arès et en prendra la tète rapidement à la mort de son époux. Ils créent ensemble en 1894 une Maison de santé pour soigner les indigents, premier élément de la Fondation Wallerstein, et en 1913, jour pour jour après la mort de son mari, Sophie Wallerstein inaugure un aérium pour accueillir les enfants tuberculeux. Elle finança la fondation jusqu'à sa mort. En 1924, elle fonde avec la Société Saint-Gobain, la société de la Cellulose du Pin à Facture. Sans enfant, Sophie Wallerstein, donne en 1927 à sa nièce Jeanne (1871-1956), fille de son frère aîné Emile Javal, la nue-propriété de son domaine, dont elle conserve l'usufruit. Jeanne qui a épousé Paul Weiss, est la mère de la célèbre féministe Louise Weiss et d'André Weiss. En 1940, après que le domaine de Sophie Wallerstein fut mis sous séquestre comme biens juifs, Anthony de Puniet de Parry (1904-?), brasseur d'affaires, acheta successivement la nue-propriété de Jeanne Weiss et l'usufruit du séquestre. Il s'installa au châteaux en mars 1943 et exploita le domaine. Pour avoir grugé la Kriegsmarine sur la vente de bois de chêne, de Puniet a été arrêté en 1944 et déporté à Dachau. De retour en juin 1945, il perdit en juillet 1945 le procès que lui intente Sophie Wallerstein qui rentra en possession de l'usufruit du Domaine, puis en avril 1947 le procès que lui intenta à son tour André Weiss, le fils de Jeanne Weiss, pour reprendre possession de la nue-propriété. En août 1947, la famille Weiss créé la société Immobilière du Domaine d'Arès (IDA) chargée de vendre le domaine. En décembre 1947, Sophie Wallerstein mourut au château d'Arès, désespérée que personne de sa famille ne conserve le domaine dans son intégralité. Le château fut vendu à la MGEN en octobre 1948. De 1947 à 1950, M. de Puniet tenta sans succès de reprendre possession du château, allant jusqu'à un pourvoi en cassation.

(4) Léopold Javal, père de Sophie Javal Wallerstein, né le 1er décembre 1804 à Mulhouse en France, décédé en 1872 à Paris : ami des frères Pereire, fondateurs d’Arcachon, il était un banquier, homme politique et agronome français. Il était conseiller général du canton d’Audenge (Gironde) mandat qu'il abandonnera en 1859 pour se consacrer à l’Yonne dont il est député de 1857 à 1872.

Il sera remplacé notamment par Jacques dit « Chéri » Duvigneau (1833-1902), homme politique, Maire d’Audenge (11 mai 1871- jusqu'en mai 1892), conseiller général du canton d'Audenge (1871-1892), puis Président du Conseil Général de la Gironde (mandature : août 1893-juillet 1901) et Député de la Gironde de 1892 à 1898.

(5) Paul-Louis Weiller : d'origine juive alsacienne, il est le fils de l'industriel et homme politique Lazare Weiller (1858-1928) et d'Alice Javal ( - 1944), issue de la famille Javal grande famille du xixe siècle qui s'est illustrée dans l'industrie, la finance et la politique.

Ingénieur de l'École centrale, diplômé en 1914, il est un héros de l'aviation pendant la Première Guerre mondiale1. Imposant l'utilisation de la photographie aérienne lors des vols de reconnaissance1, il est plusieurs fois abattu avec son avion et blessé. Douze fois cité à l’ordre de l’armée, fait officier de la Légion d'honneur à vingt-cinq ans (le plus jeune officier de la Légion d’honneur pour faits militaires de l’histoire après Guynemer et Fonck), il termine la guerre auprès du maréchal Foch et assiste à la signature du traité de Versailles comme aide de camp du chef des armées alliées.

Patron d’industrie dès l’âge de vingt-neuf ans, de 1922 à 1940, Paul-Louis Weiller développe la plus importante entreprise de construction de moteurs d’avion d’Europe, Gnome et Rhône, qui deviendra la Snecma après sa nationalisation en 1945. À partir de 1925, il achète progressivement le capital de la compagnie aérienne CIDNA. Il participe à la création d’autres lignes aériennes vers l’Afrique. Elles seront toutes nationalisées en 1933 pour devenir Air France, dont il sera un des premiers administrateurs (il se voit offrir en 1933 par Pierre Cot, ministre de l’Air, la présidence d’Air France, mais il refuse).

Durant les années qui précèdent la guerre, il prend la tête du lobby des motoristes français, qui cherchent à garder le monopole intérieur (Gnome et Rhône détient 60 % du marché Français) : il tente faire échouer les négociations avec les États Unis pour l’achat de moteurs plus performants. Il avait en effet refusé, dans un premier temps, d'investir dans l’achat de machines-outils, cherchant par là à étaler les commandes pour éviter les investissements. Cette décision explique en partie la pénurie de moteurs constatée début 1940.

Arrêté le 6 octobre 1940 à Royat, déchu de la nationalité française quelques semaines plus tard le 29 octobre par le gouvernement de Vichy il est placé en résidence surveillée à Marseille. Il s’enfuit en janvier 1942 en passant par le Maroc, d’abord à Cuba puis au Canada où il contribue à l’action de la France libre (dont il aura le passeport numéro 1). Sa mère sera déportée et mourra en 1944 à Auschwitz.

De retour en Europe après la guerre, il concentre d’abord son activité sur l’énergie (pétrole au Venezuela et dans le golfe du Mexique, gaz naturel au Texas, compagnie d’électricité au Japon…), puis dans la finance internationale. Il devient par la suite un des grands mécènes des arts, soutenant financièrement et par son influence la rénovation du château de Versailles, crée une compagnie de ballets, aide de nombreux artistes (Robert Hossein, Roger Vadim, Maurice Béjart, Michèle Mercier, Brigitte Bardot, Alain Delon…). Son objectif est de refaire de Paris la capitale de la culture, action qui est couronnée en 1965 par son entrée à l’Académie des beaux-arts.

Paul-Louis Weiller mène une intense vie mondaine entre les familles royales d’Europe, les grands hommes d’affaires et politiques (Aristote Onassis, Henry Ford II, Jean Paul Getty, Richard Nixon, Georges Pompidou… avec qui il a parfois travaillé ou qui ont parfois travaillé pour lui), les personnalités des arts des lettres et du spectacle, qu’il rassemble dans le dernier des salons parisiens dans la tradition de ceux décrits par Marcel Proust. Il finance aussi de nombreuses œuvres caritatives.

Il s’était marié le 29 août 1922 à Paris, avec la princesse Alexandra Ghica avec qui il eut une fille, Marie-Élisabeth (épouse Irisarri, morte en 2006), et dont il avait divorcé le 25 mars 1931 pour épouser le 31 octobre 1932 Aliki Diplarakou (en), Miss Europe 1930, dont il divorça aussi. Ils eurent un fils, Paul-Annik (1933-1998), dont Sibilla Weiller qui épousa en 1994 Guillaume, prince de Luxembourg (1963), fils cadet du Grand-duc Jean, dont postérité.

(6) Aujourd'hui l’Aérium de la Fondation Wallerstein , le Centre médico-chirurgical Wallerstein, l'Ehpad Paul-Louis Weiller, du nom de son neveu, sont regroupés dans une association à but non lucratif , l'Association des Amis de l'Œuvre Wallerstein dont le conseil d’administration est toujours présidé par un descendant de Madame Wallerstein. À la mort de Sophie Wallerstein, le 31 décembre 1947, c'est son neveu Paul-Louis Weiller qui lui succéda. Puis en 1993 le fils de ce dernier, Paul-Annik Weiller, puis la sœur de celui-ci, Elisabeth Irisarri Weiller, enfin, depuis le 17 juillet 2006, Maria Pilar de la Béraudière, fille d'Elisabeth Irisarri Weiller.

(7) La Croix Rouge Française et Paul-Louis Weiller, ont décidé, d’un commun accord, la fermeture de l’Aérium de la Fondation Wallerstein, et ont découragé les nombreuses tentatives de reconversion du bâtiment.

(8) Les bâtiments de cet Aérium ont été conçus par les architectes Charles Duval et Emmanuel Gonse et abritent des fresques du peintre Henri Marret. L’aérium d’Arès a été inscrit sur la liste l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH), le 4 mai 2000 (réf PA33000023)

(9) Il s’en suit depuis 1990 une bataille juridique sur le devenir de cette fondation, ses bâtiments et les œuvres d’art qu’elle contient.

(10) « le Père François du Plessis avait connu la région des Landes de Gascogne et du nord Bassin avec les Chantiers de Jeunesse pendant la guerre où il fut envoyé comme aumônier par sa hiérarchie (CJF : Chantier de la Jeunesse Française mise en place par le gouvernement de Vichy) puis dans la foulée, il deviendra aumônier des maquisards FTP et FFI de la poche de st Nazaire. Il y retourna quelques années plus tard avec le « patronage Olier » (11) qui avait une colonie au Porge au Nord du Bassin d’Arcachon. Le directeur du patronage l’a mis en contact avec le Maire de Lège, commune voisine du Porge et ils repérèrent une clairière, en pleine forêt et le camp de l’Arbousier vit le jour en 1956 jusqu’en 1974 » sans discontinuer. Il y fit venir des jeunes défavorisés de la région parisienne pendant cette période. « Pourquoi l’Arbousier ? « Dans la forêt des Landes les deux espèces d’arbres les plus répandues sont le Pin et l’Arbousier. Au bord de la Clairière, il y en avait un magnifique, d’une taille peu commune. A Lège, de mémoire de landais, personne n’avait vu un arbousier dépérir ».

Ma grand-mère et Simone François, ont été embauchées dès le début pour faire la cuisine de ses camps d’été. Mon père étant né en 1947 à Arès et vivant en famille à Lège, le père du Plessis a connu mon père, alors jeune.

Comme le décrit le Père du Plessis dans son livre : « En 1986, Jean-Luc Lahaye, enfant de la DDASS, venait de sortir un livre « Cent familles ». En 1986, il fut invité à une émission de télévision au cours de laquelle les téléspectateurs envoyaient des dons pour des actions d’entraide en relation avec ce qu’avait vécu l’invité. Ayant regardé cette émission, Paul-Louis Weiller -assurant alors la gestion de l’Aérium pour le compte de la Croix Rouge-, voulut rentrer en contact avec Jean-Luc Lahaye qui l’avait touché par sa volonté de créer, avec l’argent récolté, des maisons d’accueil pour enfants ».

Une personne du Bassin s’est souvenu que Jean-Luc Lahaye avait passé sa jeunesse au camp de « L’Arbousier » du Père du Plessis. C’est ainsi que le Père du Plessis a connu L’Aérium d’Arès afin d’être l’intermédiaire entre Paul-Louis Weiller et Jean-Luc Lahaye.

Par cette occasion, le Père du Plessis avait « miraculeusement » trouvé un nouveau lieu pour faire revivre « ces fameux camps d’antan » et d'après la guerre, pour lesquels il n'avait plus les autorisations de faire de campement dans la nature à cause des nouvelles normes devenues drastiques concernant les campements de jeunes.

(11) Fondé en 1895, sous le patronage de Jean-Jacques Olier, curé de Saint-Sulpice en 1641, le Patronage Olier est un club catholique de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF). Il est l'un des 48 clubs prenant part à la première édition de la Coupe de France en 1917-18.

Les références (1), (3bis), (4), (5), (6), et (11) sont tirées de « Wikipédia », l’encyclopédie Universelle en ligne.

Les références (7), (8) et (9) sont tirées du site Heni Marret (http://henrimarret-peintre.fr)

Les références (3), (10) sont tirées du livre « J’ai toujours voulu répondre aux appels » François du Plessis, entretien avec Jean-Robert Quéro, aux éditions Le Manuscrit.

Pus d’infos sur :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Aérium (aériums)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arès_(Gironde)

http://www.4a-aerium-ares.com (pour la sauvegarde de la mémoire)

http://villegiature.gironde.fr/?id=035-aerium-ares (pour l'historique)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_du_Plessis_de_Grenédan (pour l'historique de la famille Du Plessis de Grenédan)

http://www.bassindarcachon.com/histoire_locale.aspx?id=122 (Pour l’historique de la Famille Javal)

http://www.lexpress.fr/region/les-javal-wallerstein-weiller-ou-la-medecine-de-campagne_766081.html (Les Javal-Wallerstein-Weiller ou la médecine de campagne)

Vidéo de l'Aérium d'Arès : Eté 2013.

Partager cet article

Repost 0